En images

  • Hiver 2000-2001. Vue de la station depuis le domaine équipé des Hauts-Forts

  • Situation de la station d’Avoriaz, extrait de la carte IGN au 1 : 25000 © IGN 2008

  • Hiver 2000-2001. Vue d’ensemble de la station

Une station fonctionnelle

Avoriaz est née dans les années 50 d’un projet de la commune de Morzine, station pionnière dans le développement du ski alpin avec la construction de l’un des premiers téléphériques pour skieurs sur les pentes du Pléney en 1934. Morzine cherchait à étendre son domaine skiable devenu trop limité. Les pistes de ski de la nouvelle station, tracées par J. Vuarnet, sont aménagées sur les pentes des Hauts Forts (2466 m) qui s’inclinent sur le plateau d’Avoriaz (1800 m), vaste balcon dominant la vallée des Ardoisières et de Morzine, par une falaise de 700 m. La station sera créée sur le plateau et l’aménagement concédé en 1962 à un jeune promoteur G. Brémond, qui développe son projet suivant le concept de station intégrée.

 L’équipe de deux jeunes architectes urbanistes, J. Labro et Jean-Jacques Orzonni, assistés de Jean-Marc Roques en début d’opération, fait le choix d’une station sans voiture, accessible directement depuis la vallée par un téléphérique. Ils recherchent une intégration de l’architecture au site (implantation en fonction du soleil, des vues, des pratiques sportives, et choix de matériaux harmonisés au paysage) et une intégration de la pratique du ski dans la station. Ils jettent les bases d’une architecture organique qui réconcilie architecture et nature, en travaillant à partir de leurs fondements naturels, le roc, le bois, la neige, la pente.

La station a valeur de manifeste par le retentissement et la médiatisation rencontrés dès l’ouverture en 1966 de l’hôtel des Dromonts, puis par l’animation culturelle et sportive sans cesse renouvelée : déplacement en traîneaux tirés par des rennes, festival du film fantastique de 1973 à 1993, « village des enfants » et les Portes du Soleil, premier domaine skiable d’Europe.

La réussite commerciale d’Avoriaz a permis à G. Brémond de créer en 1978 le groupe Pierre et Vacances, l’un des premiers hébergeurs touristiques français. La construction de la station, trois villages regroupant 18 000 lits touristiques, étalée sur plus de 30 ans, a su développer une cohérence architecturale et urbaine exceptionnelle, qui place Avoriaz parmi les monuments majeurs du patrimoine édifié en montagne dans la seconde moitié du XXe siècle.