Denys Pradelle, architecte urbaniste

Denys Pradelle (1913-1999) devient architecte en 1942 après avoir suivi l’atelier d’Auguste Perret à l’école nationale des beaux-arts de Paris. À partir de 1943, il effectue un séjour au sanatorium des étudiants à St-Hilaire-du-Touvet (Isère) pour soigner une tuberculose.

Comme les grands architectes modernes, il est préoccupé par un nouvel art d’habiter qu’il va mettre en œuvre en montagne. À partir de 1946, il travaille avec les architectes urbanistes L.Chappis et Jean-Marc Legrand à la création de la station de Courchevel 1850. Il réalise les premiers « chalets skieurs », dont celui des physiciens Irène et Frédéric Joliot-Curie, et le « chalet à pattes » de l’industriel lorrain G. Lang, mais aussi la chapelle de la station en collaboration avec Jean Prouvé.

En 1955, D. Pradelle rassemble les expériences de l’équipe, dans une publication, Contribution à une architecture de montagne, toujours considérée comme un manifeste de l’architecture de loisirs en montagne.

En 1957, il travaille à la création du Parc national de la Vanoise (PNV) qu’il envisage comme un projet « d’accès gratuit à la montagne  ». D. Pradelle jouera un rôle déterminant dans l’élaboration des textes législatifs portant sur la création des parcs nationaux français institués en 1960. Initiateur successivement de l’Atelier d’Architecture en Montagne et de l’Atelier d’Urbanisme en Montagne (ateliers collectifs d’architectes urbanistes à Chambéry), il réalise avec son équipe à partir de 1960 de nombreux projets et études, notamment pour des stations de sports d’hiver dont Flaine, les Arcs, les Karellis, des villages de vacances, des refuges d’altitude.

Avec la création du PNV en 1963, il s’implique dans les études d’urbanisme des communes de la zone périphérique du Parc et met en place la consultance architecturale locale, encourage la constitution d’équipes pluridisciplinaires lors de l’étude des schémas directeurs d’aménagement et d’urbanisme et des plans d’occupation des sols à partir de 1967.

Il se consacre au plan d’urbanisme de la ville nouvelle de L’Isle-d’Abeau avec l’aménagement de la ZAC de St-Bonnet-l’Étang. En 1965, il rejoint l’enseignement de l’architecture à l’école de Lyon comme professeur de théorie et organise à partir de 1968 des formations pluridisciplinaires en sites d’altitude.

Spécialiste mondialement reconnu de l’architecture et de l’urbanisme en montagne, il se consacre aux débats sur les enjeux du développement des territoires alpins. Face à l’engouement grandissant pour l’ « architecture pastiche », « boursouflures de l’argent », D. Pradelle prépare en 1990 un ouvrage, publié en 2002, présentant des réalisations d’architecture et d’urbanisme choisies auprès de professionnels du monde entier. En 2005, la commission régionale du Patrimoine et des Sites choisit d’inscrire au titre de l’Inventaire des Monuments Historiques, trois constructions pionnières de Courchevel, édifiées par D. Pradelle.