Jacques Labro, architecte

Après des études à l’atelier Lemaresquier de l’école des Beaux-Arts de Paris, J. Labro (né en 1935) obtient le prix de Rome en 1961 en étudiant un projet de monastère tracé en cercle autour d’une butte.

En 1963, pour son diplôme, il étudie un projet pour une base de travail aux îles Kerguden dont le plan s’enroule autour d’une colline et dont la construction est prévue avec des panneaux composites, résistants aux dures conditions climatiques de l’Antarctique. Dès ses projets d’école J. Labro s’affranchit des figures géométriques et de l’angle droit. Il propose une « architecture vivante » et une « architecture en mouvement » en recherchant des accords avec le milieu dans lequel elle est bâtie. Plutôt que les maîtres du fonctionnalisme (l’école du Bauhaus, Le Corbusier ou M. Breuer), ses préférences vont en direction des mouvements expressionnistes allemands (Hans Scharoun, Hugo Häring, Bruno Taut), ou scandinaves et anglophones (Alvaar Alto, Wright, Bruce Goff, Charles Moore, Ralph Erskin) découverts dans les revues d’architecture et au cours d’un séjour aux Etats-Unis en 1964.

Cette même année, il est chargé par le groupe de promotion Robert Brémond, de concevoir la station d’Avoriaz. Il met en œuvre le concept d’une « station sans voiture » accessible depuis la vallée par téléphérique, et travaille à l’intégration de l’architecture dans son site. Après les premières réalisations, hôtel des Dromonts, résidences Séquoïa et Mélèzes récompensées en 1968 par le prix de l’Équerre d’Argent, il fonde avec Jean-Jacques Orzoni, le « Collectif Architecture ». Ensemble, ils conçoivent une architecture organique réconciliant l’architecture et la nature.

Pendant plus de trente ans, J. Labro développe avec une grande liberté plastique les programmes résidentiels d’Avoriaz, où l’architecture renoue avec le plaisir de l’espace ludique : nombreux chalets individuels, les Ruches en 1972, le palais du Festival en 1984, et de 1985 à 1998 le quartier de la Falaise. Par ailleurs, J. Labro mène de nombreux autres projets en montagne (en 1975 le centre international de rencontres à Courchevel 1850 et en 1989 la station de la Tania en Savoie), sur le littoral (Port Deauville en 1970 et Port Vauban à Antibes en 1986), à Paris (la ZAC « Jemmape - La Grange-aux-Belles en 1978, opération poursuivie par une résidence de logements sociaux place du Colonel Fabien en 2000), en région parisienne (place de l’Europe à St-Nom-la-Bretêche en 1990).

De 1985 à 2002, il transmet aux étudiants de l’école d’architecture de Paris Val-de-Seine le goût de la création. Son travail est récompensé en 1984 par l’Académie d’architecture qui l’accueille en 2002. En 2003, en compagnie de Simon Cloutier, il créé à nouveau l’Atelier d’Architecture d’Avoriaz, permettant de poursuivre son travail de création pour les nouveaux projets de la station.