En images

  • Air France. Sports d’hiver. Affiche, par A. Kow, 1951.

  • La station de la Plagne 2000, commune d’Aime (Savoie) (Photogr. SEATM)

  • Plan d’aménagement d’embellissement et d’extension de Tignes (Savoie, 1650 m d’altitude), dressé en 1936 par Fabre et Blain architectes urbanistes (Office du tourisme de Tignes-le-Lac)

  • Station du Recoin de Chamrousse (Isère, 1650 m d’altitude)

  • La station de la Plagne 2000, commune d’Aime (Savoie)

  • L’aéroski de Tovière à Tignes-Val Claret (Savoie), gare supérieure du télécabine débrayable (2700 m d’altitude)

Des créations de stations ex nihilo

La révolution urbaine majeure en montagne est sans conteste liée à l’essor des sports d’hiver. Dès les années vingt, de gros villages, au cœur de vallées ensoleillées, tel Megève, se transforment en stations de ski et en petites villes fréquentées par des citadins aisés. Puis les hommes partent à la conquête de l’or blanc. Ils s’établissent sur d’anciens territoires d’estive, transformant d’immenses pâturages en vastes champs de neige. Un tracé en entonnoir fait converger les pistes de ski en un même lieu, la “grenouillère”, d’où partent les remontées mécaniques. C’est là que naissent les lieux de résidence hivernale de ces nouvelles cités des neiges.

De nouveaux concepts de stations alpines

Après la seconde guerre mondiale, le mouvement s’amplifie. En 1946, les architectes urbanistes L. Chappis et D. Pradelle imaginent Courchevel 1850 comme un “village alpin” d’un genre nouveau. Suivra en 1960 le “Plan neige”, doctrine française d’aménagement de la montagne : maîtrise foncière, priorité au ski alpin, domaine skiable orienté au nord, résidences construites sur les plateaux ensoleillés, parti d’urbanisme compact et fonctionnel séparant les skieurs des voitures, en sont les principes directeurs. Dans les années soixante, 10 000 lits touristiques sont réalisés chaque saison. La “station intégrée” est alors un “prototype de développement urbain”. Les réalisations sont de véritables laboratoires de recherche, qu’il s’agisse des modes d’implantation, des formes architecturales, des techniques et matériaux de construction ou de l’agencement des logements. L’urbanisme rationnel concentre les bâtiments réunis autour des “grenouillères” et propose le principe de la “station sans voiture” adapté à des cités de plusieurs milliers de personnes, comme aux Arcs, Avoriaz ou Flaine. Au cours des trente glorieuses, s’invente, dans les montagnes françaises, un échantillon de “ville nature” organisées autour de l’accueil de millions de skieurs avides de “montées aériennes” et de “descentes glissées”. Les concepteurs, en relevant le défi de créer des hébergements adaptés tout à la fois aux contraintes extrêmes et à l’activité spécifique du ski, annoncent un nouvel art d’habiter la montagne.