Laurent Chappis, architecte urbaniste

Né en 1915 à Aix-les-bains, Laurent Chappis débute ses études d’architecte à Grenoble où il se découvre une passion pour la montagne et l’alpinisme qu’il pratiquera à pied comme à ski. Il reçoit une formation double à Paris : l’architecture à l’atelier Pontremoli de l’école des beaux-arts et l’urbanisme à l’institut d’urbanisme. L. Chappis termine ses études en captivité (1940-1945) avec deux projets d’aménagement en montagne : « école de haute montagne à Chamonix » pour son diplôme d’architecte, et « aménagement des 3 Vallées en Savoie » pour sa thèse d’urbanisme.

En 1945, le Département de la Savoie relançant le projet d’aménagement de stations de sports d’hiver des 3 Vallées, M. Michaud confie à L. Chappis le repérage des domaines skiables et la conception d’une station nouvelle sur la commune de St-Bon-Tarentaise. Ce sera Courchevel 1850. L. Chappis débute alors une carrière d’architecte urbaniste vouée à l’aménagement des sites de loisirs en pays de neige. À Courchevel, il invente le concept de « station nouvelle » construite à l’altitude des alpages. Il se laisse guider par le terrain qu’il arpente à pied et à ski, déterminant ainsi les principes de composition du plan d’urbanisme qui prévoit une installation de l’homme respectueuse du milieu alpestre. Le domaine skiable est relié aux zones de résidences accessibles directement à ski par la « grenouillière », cœur de la station rassemblant les départs des remontes-pentes et les arrivées des pistes, ouvert à l’amont sur les pentes enneigées et bordé par constructions qui forment le « front de neige ».

Il est rejoint en 1946 par les architectes D. Pradelle et Jean-Marc Legrand, avec qui il développera de nombreuses expériences architecturales connues sous le vocable d’«  école de Courchevel ». Jusqu’en 1959, il est urbaniste en chef de Courchevel 1850, puis il travaille au développement de nombreuses stations. Avec D. Pradelle, il trace en 1960 le plan de composition de Flaine à la demande du promoteur É. Boissonnas et en lien avec l’architecte américain M. Breuer. Dans le massif du Dauphiné, il recompose pendant 20 ans les sites de ski déjà équipés : en 1959, il préconise l’organisation des Jeux olympiques d’hiver à Chamrousse et dessine la station de Roche-Béranger ; en 1969 il étudie le projet des Sept-Laux dans le massif de Belledonne.

En 1962, il conteste le « plan neige » initié par les services des Ponts et Chaussées qui prévoit la réalisation de « stations intégrées ». Il imagine un autre type de développement des stations de sports d’hiver avec des structures d’accueil édifiées là où est établie la vie rurale. Cette vision de l’aménagement de la montagne l’éloigne pendant plusieurs années de la commande publique pour des projets dans les montagnes françaises. Après 1975, L. Chappis est à nouveau appelé en France : aménagement du massif du Puygmal (Pyrénées), station de Val-Cristel (Mercantour).

Pendant plus de trente ans, L. Chappis est sollicité dans le monde entier : en Italie pour les stations de San-Sicario et de Pila, dans les pays de l’Europe de l’Est, en Suisse, en Autriche, en Argentine pour expertiser des projets de stations.

Il travaille aujourd’hui à l’élaboration d’un projet de « montagne humaniste » fondé sur la réconciliation, permettant de bâtir des rêves nouveaux à partir des réalités.