En images

  • Hôtel du Praz-de-Lys (1500 m d’altitude), commune de Taninges (Haute-Savoie). Carte postale, début XXe siècle.

  • 8 jours de neige blanche une année de joues roses. Affiche SNCF, par Roland Hugon, 1938. 100 x 63

  • Lotissement de villas au Clos Lachenal à Combloux (Haute-Savoie, 970 m d’altitude). Carte postale, début XXe siècle.

  • Hôtel de la Grande-Casse (1440 mètres d’altitude), Commune de Pralognan (Savoie). Carte postale, début XXe siècle.

  • L’ancien hôtel Palace à Chamonix-Mont-Blanc (Haute-Savoie), actuellement Musée alpin et résidence.

La montagne transformée par la villégiature

Les manières d’habiter l’espace montagnard ont été profondément modifiées entre l’apogée de la société agro-pastorale du XIXe siècle, et la réalisation des grandes infrastructures touristiques à la fin du XXe, répondant aux enjeux de la concurrence internationale.

La nature est domestiquée 

Depuis l’invention de la montagne par les peintres et les écrivains au temps des Lumières, les sommets représentent pour les citadins un « ailleurs » propice à l’imaginaire. La période romantique les voyait comme un lieu de nature préservée qui s’opposait à la civilisation urbaine corrompue, glorifiant une nature sauvage aux paysages grandioses et inhabités.
Puis, la fin du XIXe a pensé la montagne comme un espace délaissé par la civilisation, mettant l’accent sur la misère matérielle et morale des populations auxquelles étaient confrontées les élites citadines. En lien avec le développement de la société industrielle, la montagne devient alors un lieu de nature à domestiquer, à « civiliser », comme en témoignent les premiers aménagements de l’espace alpin. Les grands chantiers de génie civil liés à l’exploitation de la houille blanche, l’expansion du chemin de fer et des infrastructures routières, la maîtrise du transport de l’électricité vont susciter l’implantation de nouvelles industries dans les vallées, drainant des populations de plus en plus nombreuses au fil du siècle.

Petites villes de montagne

Nombre de bourgs de montagne connaissent alors une forte expansion. Les trains emportent les citadins loin des centres urbains de la plaine. Palaces, hôtels et villas aux silhouettes imposantes s’implantent à l’intérieur ou en limite des villages. Ils en modifient l’activité économique et la physionomie, les transformant en petites villes de montagne. Dans le même temps, le goût pour les qualités curatives des eaux naturelles renaît. Médecins et financiers bâtissent à l’endroit même de la source des cités nouvelles vouées aux soins et à la découverte de la montagne. Leur architecture éclectique adopte des modèles urbains et mêle des compositions classiques à des choix pittoresques aux influences croisées. En quelques années, la construction des stations thermales transforme en cités des sites naturels autrefois délaissés.