La maîtrise foncière

R. Godino (associé avec Louis Mangin) ayant créé la Société d’Études de la Vallée de l’Arc (SEVA), une première convention est établie avec la commune d’Hauteville-Gondon (Antoine Bimet, maire) en octobre 1961, car la plus grande partie des terrains nécessaires à l’équipement de la station au-dessus de 1600 mètres sont communaux.

L’aménageur prévoit une reconnaissance détaillée des sites susceptibles d’être lotis, l’étude des principes d’accès, un projet de plan neige, un chiffrage des besoins financiers et la définition d’une stratégie de mise en valeur du site. En échange, la Commune s’engage auprès de la SEVA à mettre à disposition gratuitement les terrains communaux et à lui confier l’exclusivité de l’aménagement et de l’exploitation des remontées mécaniques pendant trente ans.

Le choix du promoteur s’est d’abord porté sur l’équipement et l’aménagement du site des chalets de l’Arc à 2000 m d’altitude en raison d’une maîtrise foncière plus aisée (terrains communaux d’Hauteville-Gondon) et d’une situation isolée au cœur du vallon de l’Arc. Mais face au coût plus élevé de la route d’accès ainsi que l’éloignement de toute base de vie permanente, R. Godino choisit de démarrer par le site plus accessible de Pierre Blanche à 1600 m, malgré des difficultés foncières qui retarderont le démarrage de la station : le site se trouvant pour partie sur le territoire de la commune de Bourg-Saint-Maurice, les pouvoirs publics décident la fusion des deux communes (15 décembre 1964). Les terrains appartenant pour la plupart à des propriétaires privés opposés aux transactions amiables, la procédure d’expropriation va durer 6 ans (1962-1968). En 1964, une nouvelle convention est signée entre la commune de Bourg-Saint-Maurice et la Société des Montagnes de l’Arc (SMA issue de la SEVA).

La mise en œuvre du projet s’effectue pour Arc 1600 selon la procédure de « plan masse » soumise à approbation de l’administration avec trois zones dans lesquelles sont tracées des propriétés indivises sur lesquelles se développent les copropriétés au fur et à mesure des ventes.

Par contre pour Arc 1800 et Arc 2000, les aménagements s’effectuent dans le cadre de la procédure de Z.A.C. (introduite par la loi d’orientation foncière de 1967). Ce seront successivement les ZAC du Charvet (1972, 10 000 lits), des Villards (1975, 3 000 lits), de Charmettoger (1978, 6 000 lits), de Chantel (1978, 3 500 lits, reprise en 1997) et d’Arc 2000 (1978, 5 000 lits).