Marcel Breuer, architecte urbaniste

Né en Hongrie, Marcel Breuer (1902-1981) rejoint en 1920 l’école du Bauhaus. Il travaille jusqu’en 1933 à Berlin, où il conçoit d’abord du mobilier en acier tubulaire. Il rejoint Walter Gropius à Boston en 1937, enseigne à Harvard puis s’installe à New York en 1946 où son agence comptera dans les années 60 jusqu’à trente collaborateurs, réalisant pour une clientèle privée de nombreuses villas, immeubles de bureaux ou édifices religieux.

Son approche de l’architecture repose sur des constructions à l’enveloppe clairement définie, toute en tension, apparaissant massive et compacte, sans juxtaposition ou fusion de volumes entre eux. M. Breuer est l’un des premiers architectes américains à utiliser amplement le béton armé qui lui laisse la liberté de construire de grands porte-à-faux, des murs plissés et courbes, des plafonds voûtés. Il apporte beaucoup de soin aux détails, à la texture des matériaux soulignés par l’empreinte du coffrage, le coloris, le grain et la texture du béton apparent, la forme des blocs. Dans les dernières réalisations, il varie sans cesse le relief prononcé des éléments préfabriqués que souligne le jeu de l’ombre et de la lumière.

Son œuvre est marquée par un fonctionnalisme tempéré et par des découvertes formelles qui en atténuent la froideur. La plus grande partie de ses projets sont réalisés aux Etats-Unis. Cependant il réalise des projets importants dans d’autres pays dont la France : le siège de l’Unesco en 1952 (avec Bernard Zehrfuss et Pier Luigi Nervi), le centre IBM de la Gaude sur la cote méditerranéenne en 1962, les laboratoires Sarget à Mérignac en Gironde en 1963 et l’ambassade d’Australie à Paris en 1980. À partir de 1960, il travaille au projet de la station de sports d’hiver à Flaine, développant une approche s’apparentant à du brutalisme avec l’installation de volumes cubiques dans un site de grande nature. En 1964, M. Breuer ouvre un bureau à Paris avec notamment son associé Robert F. Gatje, rejoint plus tard par Mario Jossa puis par Daniel Chiquet qui collaborent à l’étude des projets de Flaine et assureront la dernière phase de la station (Flaine Forêt) après la disparition du maître en 1981.