Robert Blanc, guide de haute montagne

L’histoire retient que l’idée d’une station sur les pentes de la montagne des Arcs naît dans la tête de Robert Blanc (1933-1980) et de ses frères, habitués depuis leur enfance à parcourir les alpages aux côtés de leurs parents, en charge de l’alpage communal d’Hauteville-Gondon.

Pour rester au pays, R. Blanc, comme ses frères, s’investit l’hiver dans le ski (guide, pisteur, secouriste, moniteur, entraîneur), tout en imaginant qu’un jour, l’alpage communal puisse accueillir une station de ski équivalente à celles dans lesquelles ils partent travailler l’hiver (Val d’Isère, Courchevel 1850). Avec son frère Delphin, il repère le site au cours de l’hiver 1959-1960, accompagnés des architectes urbanistes Guy Rey-Millet et Gaston Regairaz occupés par ailleurs par l’aménagement de Courchevel 1850. L’hiver suivant, R. Blanc fait parcourir le site à M. Michaud (de la Commission Interministérielle pour l’Aménagement de la Montagne), D. Pradelle, l’équipe de l’AAM et à R. Godino. Le site est alors reconnu de « classe internationale ». "À Courchevel 1850, en 1961, Roger Godino s’entraînait à skis avec Robert Blanc, un homme de la montagne, élégant, au sourire lumineux. Ancien berger, il venait de son village d’Hauteville-Gondon, au-dessus de Bourg-Saint-Maurice. Il racontait à Roger l’harmonie de ces hauts plateaux, l’embrasement des mélèzes en automne, une montagne toute poudrée d’or de ses forêts, et une neige immaculée l’hiver, dans cette nature protégée. Robert rêvait de partager toutes ces beautés, Roger Godino se laissa séduire, Robert l’entraîna, l’enthousiasma, et Roger à son tour rêva au lancement d’une nouvelle entreprise, sa spécialité" (Ch. Perriand).

R. Blanc trace le domaine skiable de la future station. Il en devient le directeur. En février 1980, un soir de tempête de neige, parti à la recherche de skieurs égarés sur la route d’Arc 2000, il trouve la mort dans une coulée d’avalanche. "Cette vallée fut le berceau de mon enfance et c’est pour mes frères et moi-même le rêve réalisé […] c’est le cadeau pour toute une vie !" (R. Blanc).